Nous sommes le :
Dernière mise à jour : 16 mai 2016

Bénin icone_Bénin Nos partenaires icone_Bénin Pratique icone_globe Divers icone_pratique

Titre Actions 2006
 
Autre(s) page(s) en rapport avec ce sujet : Actions (2003) - (2004) - (2005) - (2007) - (2008) - (2009) - (2010) - (2011) - (2012) - (2013) - (2014) - (2015) - (2016)

Les pages Actions 2006 : Actions 2006, Actions 2006 (suite)

 


 
titre Témoignage soirée 2006


« Il ne faisait vraiment pas chaud, ce samedi 11 mars au soir. Mais en arrivant sur le parking de la salle Victor-Hugo de Cournonterral, où tentait de se démêler un inextricable embouteillage de voitures, j’ai tout de suite compris qu’à l’intérieur l’ambiance serait plutôt chaude.

image_11 mars

Sitôt la porte franchie, passage obligatoire devant le bar... ou plutôt plongée dans une foule dense où chacun et chacune tient déjà son gobelet à la main, une foule plantée là au milieu, devant un comptoir que l’on devine à peine au fond. C’est bon signe !

Des têtes connues apparaissent : des « Eh, bonjour, comment ça va ? », des « Oh la la, depuis qu’on ne s’était pas vus, qu’est-ce que tu deviens ? », ou encore des « Il me semble que tu as pris encore du ventre depuis la dernière fois », et moult autres compliments du même tonneau fusent de-ci de-là. Naturellement personne ne veut laisser les impétrants trop longtemps à jeun et, du coup, il semble tout à fait naturel de se retrouver avec un pastis à la main. Tchin tchin !

Un brouhaha général coiffe l’assemblée, d’où émergent par intermittence des éclats de rire tonitruants. « Pardon, excusez-moi, je voudrais avancer un peu » ; « Je vous en prie, faites… ».

De l’autre côté de la pièce des jeunes filles tiennent un stand d’objets d’art africains : statuettes en ébène, petites pièces décoratives, pagnes et chemises confectionnés dans ces étoffes aux couleurs chatoyantes si typiques de l’Afrique de l’Ouest, etc. Les badauds se bousculent… « N’hésitez surtout pas, tout est à vendre ».

L’entrée du véritable sanctuaire, celui où va se dérouler la soirée, est gardée par les hôtesses qui délivrent les billets : « Vous avez réservé ? » ; « Oui, bien sûr » ; « A quel nom s’il vous plaît ? ». Une main se pose sur mon épaule ; c’est un ancien collègue de travail, accompagné de son épouse : « bla bla bla bla et patati et patata » ; « On aura sans doute l’occasion de se revoir plus tard, tchao ! »

Apparaît soudain un homme qui ne m’est pas inconnu, qui vient vers moi la main tendue et le sourire aux lèvres : c’est Monsieur le Consul du Bénin à Marseille, que j’avais eu déjà l’occasion de rencontrer dans ses bureaux provençaux en 2003, puis l’année dernière ici même lors de la précédente édition de cette même fête. Un homme chaleureux, affable, dévoué, et qui a su rester simple ; c’est donc peu dire que je l’estime beaucoup. Quelques mots pour parler du « pays », de ce qui s’y passe actuellement puisque l’élection présidentielle est prévue pour dans quelques jours à peine ; pour évoquer aussi un possible futur voyage au Bénin, envisagé pour 2007. A bientôt, Monsieur le Consul.

La vaste salle a été superbement aménagée, toute garnie de longues tables sur lesquelles sont dressés les couverts. Si chaque place trouve son maître, c’est que l’opération au profit du Bénin aura été un succès. Au centre trône un imposant attirail de régie sono et lumières dont la manipulation appartiendra à Hervé Ahivi ; dans le fond, la scène est prête à recevoir les musiciens, le très célèbre groupe montpelliérain « Zimameya » : les projos multicolores, les instruments, les fils qui s’emmêlent par terre, le diffuseur de brume, tout est OK

Je salue au passage Lulu, le trésorier, et mon ami Henri, accompagné de son épouse.

René Ahivi, président de « Amitié France Bénin », m’interpelle et me fait signe d’approcher. A ses côtés se tient un homme vêtu d’un magnifique costume africain, la tête ceinte d’un couvre-chef traditionnel. Et je suis présenté à l’émissaire de l’ambassadeur du Bénin en France, Monsieur Gervais Kpadonou, venu honorer de sa présence cette soirée. Je suis très sensible à cette délicate attention mais surtout heureux de constater que l’action de l’association dans laquelle nous mettons tous toute notre foi est maintenant, mais depuis quelque temps déjà, reconnue des plus hautes autorités.

Petit à petit le public prend possession de la grande salle, chacun se choisit une place à table, certains en réservent pour leurs parents ou amis retardataires, tout le monde s’installe tranquillement. Un concert confus de voix humaines enveloppe les lieux, amplifié par la résonance de la voûte. Près de la scène une table est réservée aux invités d’honneur. En quelques instants toutes les tables sont investies par les deux cent cinquante convives. En réalité cinquante-sept personnes n’ont pu être accueillies faute de place !

Tiens, je n’avais pas remarqué les toiles accrochées aux cimaises contre le mur d’en face. Mon épouse et moi allons y faire un tour, juste pour voir… Tout simplement saisissant ; mais une œuvre me séduit particulièrement, elle évoque des personnages africains dansant et faisant de la musique ; je dis bien « évoque » car il s’agit de symbolisme, une peinture délicate invitant le spectateur à compléter l’intention de l’artiste, à laisser vagabonder l’esprit et les sentiments, sésame pour s’en sentir agréablement pénétré. C’est beau, léger, aérien, harmonieux, c’est de l’art authentique, me voilà sous le charme. Me faisant part de ses réflexions, j’ai l’agréable surprise de constater que ma « moitié » en fait la même analyse. On n’est venus ici ni pour acheter un tableau ni pour faire une dépense imprévue, mais il ne coûte rien de se renseigner. Le responsable de l’expo, Nicolas Augustin, explique qu’il travaille pour un groupement d’artistes béninois et togolais dont il fait la promotion en France. Il nous révèle que des œuvres de ces artistes ont déjà été exposées à Barcelone et au Carré Sainte-Anne à Montpellier. Il cherche désormais une ouverture sur Paris. Et il ajoute qu’une commission substantielle sur les ventes de ce soir sera reversée à « Amitié France Bénin » ; c’est le dernier encouragement qui nous manquait pour craquer. Adjugé, nous repartirons avec le tableau. Et nous ne serons pas les seuls puisque qu’une douzaine auront changé de main avant la fin de la soirée.

image mars 2006

Les conversations sont interrompues par la puissante voix de René qui s’exprime à la sono pour souhaiter la bienvenue à toutes et à tous. Il présente les personnalités qui honorent de leur présence la soirée, notamment – outre le représentant de l’ambassadeur du Bénin en France et M. le Consul du Bénin à Marseille, déjà cités –, Madame Michèle Weil, en lieu et place du président de la Région Languedoc-Roussillon, M. Georges Frêche, empêché, ainsi que des personnalités de la sphère politique cournonterralaise. Après avoir expliqué brièvement le but de la soirée, qui est de collecter des fonds en vue d’aider le peuple béninois par l’envoi de matériels prêts à être utilisés, essentiellement médicaux et scolaires, un inventaire non exhaustif précise les attentes des régions les plus déshéritées du nord du pays. Et ils sont grands, ces besoins.

Il passe ensuite le micro aux invités d’honneur. Aucune personnalité ne tarit d’éloges envers
«Amitié France Bénin », au vu des résultats déjà obtenus grâce à l’expédition, depuis l’été 2003, de deux premiers conteneurs ; chacune adresse ses plus vifs remerciements à l’association et à son bureau, l’assure de son soutien et lui prodigue de vigoureux encouragements.

Après un tonnerre d’applaudissements, les lumières de la salle se tamisent et les projecteurs se braquent sur le groupe musical « 2 », au sein duquel excellent Sylvain Ahivi au piano et Marc Larguille à la batterie. C’est ensuite au tour de l’orchestre « Zimameya » d’investir la scène pour le reste de la soirée : les notes jaillissent, qui viennent égayer une ambiance restée un peu trop sage jusqu’à présent ; du coup, les cœurs se mettent à la fête alors que les mandibules s’apprêtent à entrer en action.

Car des serveuses bénévoles s’activent maintenant pour faire au plus vite un va et vient incessant entre les lointaines cuisines et les tables. D’abord est servie à chacun une assiette d’abobo, petits haricots blancs en sauce tomate qui, compte tenu de l’heure déjà tardive, est la bienvenue. A cet instant j’entends près de moi le sympathique glouglou du vin que l’on verse dans les verres. Puis arrivent des cuisses de poulet grillées accompagnées d’amiho, pâte de semoule traditionnelle du Bénin, et pour finir est amenée une succulente salade de fruits exotiques délicatement baptisée Douceur d’Afrique. Le café est ensuite proposé à chacun.

ima

Mais pour en arriver là, il faut savoir que dans les coulisses et depuis plusieurs jours il y a eu beaucoup d’agitation : d’abord une cohorte de gros bras qui ont préparé la salle et installé les tables, mais aussi en cuisine, où Victoire et Aïcha, une charmante togolaise venue prêter main forte, ont concocté et réalisé les repas ; sans oublier une armada de bonnes volontés inattendues.

Depuis longtemps déjà on ne s’entend plus gueuler dans ce grand temple de l’amitié,
la musique bat son plein, les danseurs sont en piste, les couples s’en donnent à cœur joie… Tout comme mes voisins de table je suis ébloui par la prestation des musiciens et du chanteur, par la qualité et surtout l’originalité de leurs interprétations. « Allez, vous venez, les amis, on va digérer en dansant un peu ? » Certains ne se font pas prier, d’autres préfèrent rester là, dans la lumière tamisée qui enveloppe désormais la salle, à respirer cette ambiance amicale et si sympathique.

Je n’ai pas vu passer le temps, pourtant il est déjà deux heures du matin ; certains nous ont quittés, je ne m’en étais pas aperçu, d’autres sont encore là, à se tortiller en rythme, ou assis avec un air bizarrement contemplatif, ou encore groupés autour du bar à discuter entre amis. Ça sent la fin de quelque chose, la fin d’une belle fête qui ne laissera que de bons souvenirs. En quittant à mon tour la salle, le visage radieux de René me rassure sur la réussite de sa soirée de soutien au peuple béninois.
Pari gagné ! »

Date création du site : 28/02/2003 ©2007-2016 Association Amitié France-Bénin Mentions légales